L’Uritrottoir, la pissotière amie des fleurs à Paris

L’invention de l’agence nantaise Faltazi souhaite répondre au problème de l’urine sauvage tout en produisant du compost pour le plus grand bonheur de la flore urbaine. Cet urinoir intelligent débarque à Paris courant janvier.

L’urine fertile en passe de détrôner le pipi sauvage? Ce dernier, très répandu parmi les fêtards alcoolisés du samedi soir, se retrouve le plus souvent contre un bout de mur.
L’Uritrottoir, dernière création de l’agence nantaise Faltazi, fabrique du compost à l’aide des épanchements urinaires masculins… Ensuite utilisé pour la pousse des fleurs. Deux modèles seront installés à Paris (rue de Bercy, XIIe) courant janvier et trois autres sont d’ores et déjà commandés par la ville de Nantes.
Si le sujet paraît frivole au premier abord, les municipalités, elles, ne le prennent que trop au sérieux. Responsable de la dégradation du mobilier urbain et de la propreté de la ville, ce fléau coûte très cher en nettoyage à la collectivité.

Un réceptacle écologique pour les petites commissions

L’Uritrottoir, mode d’emploi.

La vespasienne imaginée par Faltazi ressemble de prime abord à une jardinière fleurie, mais elle est en réalité composée de deux bacs. Celui du dessous contient de la matière sèche et celui du dessus une jardinière. Le passant empressé se soulage entre les deux bacs ; l’édicule stocke alors l’urine dans le lit de matière-sèche, qui sera, ultérieurement, composté sur une plateforme dédiée. Le compost recueilli redonnera, après coup, vitalité aux fleurs logées dans la partie supérieure du bac. En langage scientifique, le mélange du carbone présent dans la paille avec de l’azote de l’urine produit du fumier… Matière très appréciée des agriculteurs et des jardiniers.

À noter, l’objet existe en «version XXL pour 600 pipis ou en version 300 pipis», mais aussi en format triangulaire, plus adapté aux recoins.

L’Uritrottoir se veut donc salutaire et écologique: «Nous sommes entrés dans cette aventure par la dimension écologique, celle des toilettes-sèches, pour s’apercevoir qu’un urinoir sec pouvait résoudre d’une façon assez souple le problème des pipis sauvages» explique au Figaroscope Laurent Lebot, l’un des co-gérants de l’agence Faltazi.
La colonne Rambuteau du XXe siècle

La SNCF et la municipalité de Nantes ont déjà passé commande. Deux premiers exemplaires seront placés rue de Bercy, à proximité de la gare de Lyon, à Paris. Les suivants, au nombre de trois, seront installés au sein de la cité des ducs de Bretagne. La mairie de Nantes réfléchit encore où placer précisément ses nouvelles trouvailles.

Produit de notre époque, la pissotière 2.0 sera connectée, permettant le contrôle à distance du niveau du bac de collectage, et éviter ainsi tout débordement.

Et pour les filles? Laurent Lebot admet n’avoir pas encore planché sur le problème. Mais pour une bonne raison: «Il était reconnu que les épanchements d’urine sur la rue n’étaient que l’affaire des hommes, mais d’après les informations qu’on nous renvoie, si le problème est majoritairement masculin, il ne l’est pas exclusivement! Du coup, c’est vrai, nous ne l’avons pas complètement résolu». Peut-être la future invention de Faltazi?

SÉBASTIEN SIMON
/ Le Figaro

Posted on 22 décembre 2016 in France, Presse

Share the Story

Back to Top