Paris : l’urinoir intelligent fait des petits / Le Parisien

Après un test effectué gare de Lyon, les pissotières en forme de jardinières fleuries vont se multiplier dans des quartiers comme Pigalle, prisés par les noctambules.

Une petite révolution se prépare dans l’univers des toilettes publiques. On connaît les sanisettes, ces sanitaires gratuits à entretien automatique venus remplacer les malodorantes vespasiennes de la capitale au début des années 1980.
Les Parisiens ont découvert cette année des pissotières d’un genre nouveau : les uritrottoirs. Ces toilettes sèches inventées par l’agence nantaise Faltazi se veulent une réponse écologique aux épanchements d’urine sur la voie publique. Après une expérimentation menée à la gare de Lyon en janvier dernier, ces urinoirs intelligents vont se multiplier.
Ils doivent être installés à partir de cette semaine sur la place Frenay, devant la gare de Lyon (XIIe), sur le boulevard de Clichy (IXe), et aussi dans le square Tino-Rossi, en face de l’Institut du monde arabe et du jardin des Plantes (Ve), des quartiers très prisés par les noctambules.

« Le principe de l’uritrottoir est simple : les urines sont stockées dans un lit de matière sèche qui sera ensuite composté sur une plate-forme et utilisé comme engrais dans les parcs et jardins de la ville », explique Mao Peninou, l’adjoint chargé de la propreté à la mairie de Paris.
Les pissotières en forme de jardinières fleuries seront connectées pour permettre au sociétaire de contrôler à distance le niveau du bac. « Elles seront vidées quotidiennement », précise Mao Peninou. Les deux spécimens les plus grands pourront recueillir 250 pipis chacun et le troisième, 160.
Le coût de l’opération, évalué à 25 000 €, sera financé grâce à des crédits du budget participatif 2016.
« L’expérimentation va durer trois mois. Si le test s’avère concluant, nous installerons d’autres uritrottoirs », explique l’adjoint chargé de la propreté.
Principal avantage : ces pissotières sont de faibles consommatrices d’espaces publics. Bémol : elles ne pas accessibles aux femmes ni aux personnes à mobilité réduite.
La ville cherche donc à expérimenter d’autres modèles. Des urinoirs escamotables, pareils à ceux qui ont fleuri à Amsterdam, pourraient s’exporter sur les quais de Seine ou bien encore sur d’autres sites.
La mairie de Paris veut aussi renforcer le maillage des sanisettes dans la capitale. On en recense près de 450 dans la capitale (dont près de la moitié ouverte 24 heures sur 24, une trentaine de 6 heures à 1 heure du matin et les autres de 6 heures à 22 h 50). Un nombre jugé insuffisant par la Ville qui estime qu’il en manque encore 150 pour faire face aux besoins.
Parallèlement, la mairie de Paris intensifie la lutte contre les pipis sauvages. Entre janvier et septembre 2016, 1 626 procès-verbaux ont été dressés. Depuis la mise en place de la brigade anticivilités en septembre 2016, le nombre a bondi de 127 % pour atteindre 3 691 procès-verbaux. Le montant de l’amende est de 68 €.

Christine Henry

Posted on 19 novembre 2017 in France, Presse

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