Paris : des urinoirs écolos contre les pipis sauvages – LE PARISIEN

Les deux premiers « uritrottoirs », installés dans des bacs à fleurs,  ont été installés ce mardi à gare de Lyon (XIIe).

Les pipis sauvages sur les murs, qui empestent votre rue, c’est peut-être bientôt fini ! Deux premiers « uritrottoirs » ont été installés ce mardi à gare de Lyon (XIIe). Il s’agit d’urinoirs en accès libre installés dans des bacs à fleurs qui peuvent recevoir jusqu’à 500 pipis, soit environ 240 l. L’urine est recueillie dans un bac de matière sèche (copeaux, sciure ou paille), sous le bac à fleurs, qui pourra servir de compost ensuite.

« C’est une solution pour résoudre le problème des souillures urinaires sauvages, avec ce système d’urinoir sec qui ne nécessite pas d’être raccordé à un réseau d’assainissement et se pose donc où l’on veut », explique Laurent Lebot, l’un des concepteurs de ces toilettes uniques au monde. Les uritrottoirs sont en test pendant trois mois à la gare de Lyon (3 sont également installées à Nantes), avant, peut-être d’être installés dans d’autres espaces de pipis sauvages dans les recoins des villes. Paris et d’autres gares SNCF sont d’ores et déjà intéressées.

« Pour l’instant ça a l’air propre, mais j’attends de voir l’été, en pleine chaleur, observe Gautier, un voyageur en transit. J’ai peur des mauvaises odeurs. » « Ce sont les questions que l’on a toujours : l’odeur, la pudeur, que fait-on du compost et… quid des filles ? », reconnaît Laurent Lebot.

Mais les uritrottoirs ont réponse à tout. « Ils ne produisent pas d’odeur, car le mélange de carbone et d’azote empêche la production d’ammoniac », explique Laurent Lebot. Côté pudeur, les concepteurs rappellent que les endroits où sont installés les urinoirs sont des repaires déjà connus des « souilleurs » et donc plutôt discrets.

Quant au bac de compost, il est équipé de capteur qui signale à distance s’il déborde, et peut ainsi être vidé pour servir à la culture de plantes d’ornement. « Pas de poireaux ni de carottes ! » assure Laurent Lebot. Enfin, pour les femmes, les concepteurs d’uritrottoirs réfléchissent à des solutions de toilettes sèches fermées. « Mais c’est forcément plus compliqué à installer », avouent-ils.

JEAN-GABRIEL BONTINCK

Posted on 31 janvier 2017 in France, Presse

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