Des urinoirs fleuris et écolos arrivent gare de Lyon

La société nantaise de design industriel Faltazi livrera en janvier deux « uritrottoirs ». Des pièces qui coûtent entre 2 500 euros et 3 000 euros chaque et qui peuvent se poser n’importe où.

Et si bientôt, les recoins des rues parisiennes sentaient la lavande et pas l’urine ? Un doux rêve ? C’est en tout cas le pari de la SNCF à la gare de Lyon (XIIe) qui étrennera début janvier à ses abords un urinoir sec d’un genre particulier : l’uritrottoir. Développé par Faltazi, une agence de design industriel nantaise, cette « mini-vespasienne sèche » ressemble à première vue à une jolie jardinière en acier brossé.

Mais son secret « écolo » se loge dans sa partie basse : un tiroir rempli de paille, de copeaux de bois ou de sciure qui recueille les épanchements des messieurs pris par une envie pressante. « L’association des deux produit au bout d’un an du fumier humain, un engrais naturel qui est ensuite utilisé pour fertiliser les plantes » explique Laurent Lebot, un des deux concepteurs de l’objet.

Autre astuce : l’urinoir est connecté et envoie un signal au prestataire chargé de son entretien lorsque le tiroir est plein (après 600 pipis pour le grand format). A la gare de Lyon, deux uritrottoirs agrémentés de lavande, de romarin, de sauge, de thym, de menthe et d’armoise seront installés allée de Bercy, à l’entrée du centre Gamma, au pied… d’un mur végétal régulièrement arrosé.

« On voulait éviter d’y mettre un urinoir en plastique pas très beau : il fallait que ce soit élégant, explique Maxime Bourrette, du pôle patrimoine et travaux de la gare de Lyon. Si ça vit bien, si l’objet n’est pas dégradé, on pourrait en déployer ailleurs car on a pas mal d’épanchements d’urine autour de la gare. »

La société Faltazi explique avoir aussi contacté la Ville de Paris qui suit ce test avec intérêt. « On sait que, malgré ses sanisettes, Paris est confronté au problème des pipis sauvages, notamment en fin de semaine, souligne Laurent Lebot. L’avantage de notre objet (NDLR : qui coûte entre 2 500 euros et 3 000 euros), c’est qu’il ne nécessite aucun raccordement et peut donc se poser n’importe où, dans les anfractuosités, là où se produisent les souillures. » Un équipement également réversible même s’il est fixé au sol par de grosses vis. « La police l’exige pour qu’il ne serve pas de projectile lors des manifs », explique son inventeur. Ce dernier ne croit pas beaucoup à la peinture hydrophobe et autres déflecteurs métalliques conçus pour renvoyer l’urine à l’expéditeur. « De fausses bonnes solutions car un arroseur arrosé bien imbibé ne s’arrête pas, assure Laurent Lebot. Nous, l’urine, on ne la laisse pas couler dans les rues : on la collecte et on la valorise. »

JULIEN DUFFÉ
/ LE PARISIEN

Posted on 16 décembre 2016 in France, Presse

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