Les urinoirs secs pour arrêter les pipis contre les murs arrivent à Nantes et à Paris

Inventé par deux Nantais, l’uritrottoir entend résoudre les problèmes d’odeur, de dégradations, mais aussi d’envies pressantes…

On trouvait l’idée géniale. Elle l’est d’autant plus qu’il sera très bientôt possible de l’utiliser. L’uritrottoir, cette invention nantaise qui vous propose de vous soulager en pleine rue sur une botte de paille (recouverte d’une structure métallique) arrive en ville.
Deux exemplaires de ces objets vont être installés tout début janvier aux abords de la gare de Lyon, rue de Bercy, à Paris. La société nantaise Faltazi, à l’origine de cette curiosité, annonce aussi que ces urinoirs secs rejoindront certaines « rues à pipi » de la Cité des ducs, au printemps.

La maire de Nantes, qui doit dévoiler ce mardi de nouvelles mesures en faveur de la vie nocturne, vient en effet d’en commander trois. On ne sait pas encore où ils seront implantés, mais une concertation sera menée avec les habitants.
Une trentaine de points noirs

« Il y en aura probablement un quartier Bouffay, indique Laurent Lebot de la société Faltazi. Une trentaine de points noirs ont été recensés à Nantes comme la rue du Puits-d’Argent (près du passage Pommeraye) ou la rue Fourcroy (quai de la Fosse)… Des zones souvent planquées où il est impossible de connecter le réseau d’assainissement. »

La ville aurait déjà testé les panneaux métalliques qui renvoient l’urine à son propriétaire, en vain. Bête noire des services de propreté, le liquide est en plus très dur à nettoyer. « A Bordeaux, on parle de peinture hydrophobe, indique Laurent Lebot. Mais l’effet ne serait pas vraiment très dissuasif ! »

De 300 à 600 pipis

Avec l’uritrottoir, la société nantaise entend donc résoudre les problèmes d’odeur, de dégradations, mais aussi d’envies pressantes grâce à un « système écologique ». Dans cette boîte d’1,20 m de haut se cache un tiroir rempli de paille. Le grand modèle peut recevoir jusqu’à « 600 pipis », et le petit 300. Pleines, ces mini toilettes sèches le sont aussi de technologie : grâce à un capteur connecté, le prestataire qui assurera la collecte des bacs saura exactement quand venir les vider (et éviter qu’ils ne débordent !)

« L’urine sera récupérée pour être compostée et servir d’engrais, détaille Laurent Lebot. C’est un déchet comme un autre qui a vocation à être valorisé ! » Pour symboliser cette chaîne sans négliger l’aspect esthétique, l’uritrottoir est coiffé d’une jardinière végétalisée. Vendu entre 2.000 et 3.000 euros, il sera enfin décoré d’une signalétique bien voyante pour que les utilisateurs novices (l’objet est malheureusement réservé aux hommes), même éméchés, arrivent à viser sans difficulté.

JULIE URBACH
/  20 MINUTES

Posted on 13 décembre 2016 in France, Presse

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