Les uritrottoirs, une solution pour lutter contre les pipis sauvages à Nantes – FRANCE BLEU LOIRE OCÉAN

On a tous en tête l’odeur nauséabonde de l’urine en sortie de bar dans les rues… Eh bien la mairie de Nantes dit stop. Elle a décidé d’installer des uritrottoirs, de grosses jardinières avec de la sciure à la place de la terre et qui fonctionnent comme des toilettes sèches.

Un recoin de la rue du Moulin fait office d’urinoir public d’habitude près de la place du Bouffay. Mais depuis hier, un gros pot de fleur est posé là et si on ne fait pas attention tout de suite, on ne se doute pas que c’est un urinoir. Pierre, un retraité, est un peu sceptique. «Je n’y crois pas. Tel que c’est fait, c’est pas pratique !».

Pourtant, quand on regarde de plus près, la petite gouttière greffée devant permet aux hommes de se soulager. Le liquide coule le long de la rigole et tombe dans un bac rempli de sciure. La femme de Pierre, Michelle, elle n’est pas vraiment convaincue de l’utilité de cet Uritrottoir : «C’est discret mais après est-ce que les messieurs accepteront ça? Ce n’est pas sur…»

À l’origine de cette oeuvre, un designer nantais : Faltazi. Suite à de nombreuses plaintes déposées par des riverains et des commerçants du centre-ville, la municipalité a décidé d’agir et de faire appel à ce designer pour réduire les pipis sauvages. Selon le designer, on peut uriner 240 fois dans chaque pot. Et ça, c’est une bonne nouvelle pour Victor. Cet étudiant passe souvent dans les rues qui sentent l’urine. «Les personnes qui boivent trop le soir et qui cherchent un endroit pour se soulager, vu que dans un coin c’est toujours tranquille ici, ces pots éviteraient de sentir trop l’urine dans la rue».

Chaque urinoir coûte environ 4.000 euros, ce qui fait presque 12.000 euros pour les trois uritrottoirs. La ville de Nantes espère donc rentabiliser un maximum le dispositif. Selon Benjamin Mauduit, adjoint au maire chargé de la vie nocturne, croise les doigts «pour que les gens ne prennent pas ces urinoirs comme des œuvres du Voyage à Nantes, «j’espère qu’on va pas trop sacraliser ces uritrottoirs, parce qu’ils sont beaux, c’est quand même un bel objet esthétique. Mais le bouche à oreille devrait marcher», conclut-il.

En plus d’être esthétiques, ils sont intelligents. Un capteur infrarouge est installé dans le bac contenant de la sciure et une fois bien rempli, un sms est envoyé au technicien de la société WonderCake. Il pourra ainsi se déplacer jusqu’au bac, le changer et ainsi récupérer la sciure pour la réutiliser en fumier. Testé à titre expérimental pour le moment, les uritrottoirs devraient être installés un peu partout dans les rues de Nantes, «si besoin», prévient la ville.

ALEXANDRE FRÉMONT

Posted on 23 mai 2017 in France, Presse

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